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Tétras lyre -Tetrao tetrix
   
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Espèce en voie de disparition, chez nous, espèce-parapluie, espèce-gibier, espèce-promotion, espèce dont l'homme se sert souvent pour étayer des arguments dont l'oiseau se moque bien...

Car le tétras est un oiseau, tout simplement. Un être vivant et qui mérite notre restect. Tout simplement.Les photos de Roger ont été prises dans les années septante, lorsque les tétras-lyre étaient bien plus de cent, sur le Haut-Plateau.
C'était hier...

En 2010, on comptait moins de 10 mâles, et plus de 20 en 2011...

 

Tétras lyre. Tetrao tetrix. Famille des tétraonidés. Wallon : coq di brouwîre.
Aussi appelé « petit coq de bruyère ».

Description :
Grand dimorphisme sexuel.
Mâle : plumage noir à reflets bleutés avec une barre alaire, des sous-alaires et sous-caudales blanches. Caroncules rouges. Queue en forme de lyre lorsqu’elle est dressée et étalée, durant la parade, mais fermée en vol.
Longueur : de 58 à 65 cm. Aile : de 25 à 29 cm. Poids moyen : de 1100 à 1400gr.
Femelle : brune marbrée de sombre, sous-caudales et sous-alaires blanches, fine barre alaire blanche visible en vol uniquement.
Longueur : 46cm. Aile : de 22 à 25 cm. Poids moyen : de 800 à 950gr.

Nourriture :
Principalement phytophage, le Tétras lyre consomme énormément d’éricacées, principalement les pousses et fruits de la myrtille commune, mais aussi la callune, l’airelle, l’andromède ou la canneberge. Au printemps, les inflorescences de la linaigrette vaginée rentrent pour une bonne part dans son alimentation (RENARD 1988a). En hiver, lorsque la couche de neige couvre les arbustes, les chatons de bouleaux sont un apport nutritionnel salvateur. Ce régime de base est complété par des pousses d’épicéa ou de saule à oreillette, d’épis et graines de laîches et des insectes, surtout les fourmis et chenilles d’écaille-martre. 

Territorialité et reproduction :
Sociables en dehors de la périodes de reproduction, les Tétras lyre vivent en groupes, les coqs souvent à part des poules.
A la fin de l’hiver, début du printemps, la fagne va s’animer ; chuintements et roucoulements vont résonner dès avant l’aube. Le spectacle commence…

Le jour n’est pas levé. Les coqs rejoignent un à un l’arène de parade à laquelle ils restent fidèles d’année en année. Sur cette aire à végétation rase, chaque mâle va se cantonner sur un petit territoire aux limites bien définies. La fin de la nuit les verra, superbes, queue déployée en éventail, ailes pendantes, coup gonflé, aller et venir, tourner, sauter sans cesser de roucouler ou chuinter.

Le but : montrer les stimuli sexuels que sont les taches blanches du plumages ou celles, rouges, des caroncules afin de conserver sa place de « balz » face aux concurrents et de séduire une femelle.

 
Celle-ci, après une période d’observation en périphérie, traversera l’arène, courtisée mais sans être agressée, et choisira celui avec lequel elle accepte de s’accoupler, généralement un « ancien », coq de « haut rang » expérimenté, dont le territoire se trouve au centre de l’aire de parade.
Peu à peu, parades et chants vont devenir irréguliers, les coqs se feront de plus en plus discrets, abandonnant aux poules le soin de s’occuper de leur descendance.

Le nid est une petite cuvette grattée dans le sol, sous les éricacées, garnie d’herbes sèches, de brindilles et de quelques plumes. Là, la poule déposera, en général, 6 à 8 œufs, ocres ponctués de brun, qu’elle couvera près de 4 semaines.
Les poussins sont capables, à deux jours, de picorer des insectes sur les plantes. Leur nourriture, durant les deux premières semaines, est d’ailleurs principalement composée d’insectes, notamment des œufs de fourmis. De fortes pluies, durant ces premières semaines, provoquent une grande mortalité chez les jeunes. A 10 jours, ils peuvent voler, se perchent à 3 semaines et sont indépendant à 4 semaines. Cependant, ils resteront jusqu’à l’automne avec leur mère qui, comme tous les gallinacés, veille soigneusement sur sa progéniture. 

Migration :
Le Tétras lyre est très sédentaire et seules, quelquefois, des femelles peuvent s’éloigner à quelques kilomètres.

Dans les Hautes fagnes :
Emblème du Parc Naturel Hautes Fagnes – Eifel, la Réserve Naturelle est son dernier refuge en Belgique. Plusieurs raisons à cela :

  • L’habitat favorable au Tétras est assez complexe. Le centre est l’arène, aire à sol relativement uniforme, à végétation rase, sans zone marécageuse et bénéficiant d’un dégagement de façon à voir et être vus à grande distance (à 400m des massifs de résineux ou feuillus). Elle doit aussi impérativement être à l’abri de tout dérangement. Il faut des zones de refuge à proximité : buissons ou plages d’éricacées. Elle doit se trouver bien en vue des sites de nourrissage et de nidification des poules (massifs importants d’éricacées). Enfin, il faut aussi tenir compte des sites d’hivernage (bois clairs de bouleaux, lieux exposés au sud). Tout cela, il le trouve sur le Haut Plateau.

  • Extrêmement sensible au dérangement, le Tétras a besoin de la quiétude que lui offrent les grandes étendues fagnardes et bénéficie, au sein de la Réserve Naturelle, de la réglementation de circulation en zones C.

  • Lors d’hivers rudes, une bonne couche de neige, comme seul le Haut Plateau en offre encore parfois, l’aide à se protéger du froid. En effet, le Tétras, perché sur une branche, se laisse tomber dans la neige molle et creuse, avec ses pattes, une galerie horizontale, 5 ou 10 cm sous la surface. Ensuite, il tourne sur lui-même, créant ainsi un iglou, le protégeant du vent et du froid et réduisant la perte de précieuses calories.

Statut et évolution :
Si le Tétras semble se maintenir dans les Alpes suisses et autrichiennes ainsi qu’en Ecosse, l’espèce est en déclin, voire en nette régression un peu partout:

  • La première cause de déclin des Tétras lyre est la disparition de leur habitat ou le fractionnement de celui-ci.
  • Le dérangement provoqué par l’homme est la deuxième cause de déclin, avec deux périodes cruciales, l’hiver et l’époque de la reproduction.
  • La prédation : renards, corneilles et autres mustélidés ou rapaces peuvent faire de gros dégâts. Sur une population bien établie, la prédation ne devrait cependant pas mettre l’espèce en danger.
  • Les facteurs climatiques : de la neige en hiver, des mois de juin et juillet secs, voilà les conditions idéales pour le Tétras lyre. Ces conditions sont cependant suffisamment rares pour devenir un problème crucial. Pourtant, les scientifiques s’accordent à dire que cela ne peut être un facteur limitant à lui seul. Ce n’est que l’accumulation qui tend à rendre l’impact des conditions climatiques important. Mais si on a déjà vu des populations croître après un printemps pluvieux (en UNE occasion dans la RNHF), les scientifiques ont néanmoins établi une corrélation directe entre réussite des nichées et conditions climatiques.
  • La concurrence des cervidés qui sont accusés de piétiner la nourriture végétale des Tétras. Il faut ajouter les sangliers pour la compétition et la prédation.
  • La consanguinité peut, on le sait, amener une dégénérescence de certaines espèces (vitalité et fécondité). Aucun signe n’apparaît cependant au sein de la petite population de la RNHF et l’endogamie peut avoir aussi un impact positif : des groupes consanguins, à fort taux d’homozygotie, peuvent constituer de véritables écotypes, bien adaptés à leur milieu.

En Belgique, bien que toujours repris dans les oiseaux gibier, le Tétras lyre bénéficie de la protection de l’arrêté du 14 juillet 1994, art. 2 et annexe 11 ainsi que de la directive européenne CEE/79/409 – Annexe 1.

La population campinoise a totalement disparu et il ne reste que les 23 coqs recensés en 2002 dans la Réserve Naturelle des Hautes Fagnes, ce qui signifie, sur base d’un sexe-ratio de 1 pour 1, moins de 50 Tétras lyre.

Et pourtant, en 1971, il y avait 200 coqs sur le Haut Plateau pour 80 en 1967. Cette brusque augmentation suivait deux décisions importantes : la fermeture en 1967 de la chasse à cet oiseau gibier et la destruction des renards, en 1968, par gazage des terriers, afin de lutter contre la rage.

Malheureusement, en mars 1972, on note de fortes mortalités chez les coqs, probablement dues à une compétition exacerbée sur les arènes surpeuplées et qui laisse les mâles épuisés. L’effondrement de la population va se poursuivre jusqu’en 1976

Ensuite, jusqu’en 1995, la population se maintiendra entre 30 et 60 mâles avec les fluctuations caractéristiques des tétraonidés. Depuis, elle ne dépasse plus la trentaine d’individus.

Une étude approfondie du Tétras lyre en Hautes Fagnes a permis de développer une ligne de conduite et de décider de mesures de gestion : ouverture du paysage, maintien des zones refuges pour le nourrissage et la nidification, entretien des aires de parade et  respect de quiétude lors de la reproduction. Espérons que ces actions permettront aux Tétras lyre du Haut Plateau d’atteindre une population viable de 50 coqs. 

Texte : Annick Pironet - Photos: Roger Herman
Extrait de "Hautes Fagnes"

Bibliographie :
P. Géroudet : « Grands échassiers, gallinacés, râles d’Europe » - Delachaux et Niestlé 1978
Cahiers d’Ethologie fondamentale et appliquée, animale et humaine, volume 17, fascicules 2-3-4  - Collection Enquêtes et Dossiers n° 23 : Bilan de trente années d’étude des populations du Tétras lyre (Tetrao tetrix) sur le plateau des Hautes-Fagnes - Service d’Ethologie et de Psychologie animale de l’Institut de Zoologie de l’Université de Liège 1997.
Cahiers d’Ethologie fondamentale et appliquée, animale et humaine, volume 20, fascicules 2-3-4  - Collection Enquêtes et Dossiers n° 26 : Actes du Colloque Tétras lyre (Liège, 26-29 septembre 2000) - Service d’Ethologie et de Psychologie animale de l’Institut de Zoologie de l’Université de Liège 2000.
L. Svensson, K. Mullarney, D. Zetterström, P. J. Grant: « Le guide Ornitho » – Delachaux et Niestlé 2000
R. Collard et V. Bronowski : « Guide du Plateau des Hautes Fagnes » - Les Amis de la fagne 1993
Sites internet : mrw.wallonie.be/cgi/dgrne/sibw/sibw.esp.ecol 

 

 

                     
                     
                     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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